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DE LA 2D À LA 3D (II) : APPRÉHENDER LES POINTS DE VUE

Pour concevoir en 3D, savoir regarder la maquette numérique est aussi important que la modéliser. Par rapport à une maquette destinée au rendu final, celle qui vous sert à prendre des décisions de conception, qu’elles soient esthétiques ou techniques, n’a pas besoin d’être précise au début. Dans les phases amont, des gabarits et des formes peuvent suffire : caler votre projet en 3D vous permet de faire une synthèse rapide de contraintes dimensionnelles de tout genre, en vérifiant vos intentions de projet.

Les modes de projection

Pour certains d’entre vous, ce qui suit est basique, mais je crois qu’il est opportun  de faire un bref rappel à propos des projections :

  • La perspective aide à reproduire la perception d’un personnage qui vit la scène
  • Le géométral (vues 2D), avant la fabrication numérique, était la seule façon de représenter pour construire
  • Dans les projections axonométriques ou cavalières, l’observateur est un géant qui regarde la scène de loin : elles permettent de vérifier comment ce que vous imaginez s’assemble ou s’intègre dans un tout

En ayant tout cela en tête, vous allez changer de type de vue et de projection en fonction de ce que vous cherchez à explorer et valider. Une fois rodés, vous allez jongler aisément entre les différentes possibilités. 

Un exemple vaut plus que mille mots

On va simuler un cas de conception très simple. Imaginons un espace carré de 50x50m creusé dans le sol. La hauteur creusée est de 5 mètres.

Notre projet consistera à décider comment descendre dans cet espace. On va tester un escalier simple, en changeant la pente, ses dimensions et son emplacement.

Mon premier conseil serait de placer un volume vertical de la taille d’un humain (comme l’humain moyen n’existe pas, et étant  la future utilisatrice de ce projet abstrait, j’ai placé un bloc mesurant 1,68m). Ainsi, on n’oublie pas que le projet est à échelle “humaine”.

Pour naviguer autour d’une maquette, l’outil “Survol” est indispensable. Je me dois  de vous dire que l’abus d’utilisation de cet outil peut nuire à votre santé. Si vous avez passé plus d’une demi-heure à tourner autour de votre maquette sans faire des modifications, levez-vous de votre chaise et revenez après une pause de dix minutes. 

Le multifenêtrage

Si vous choisissez “Activer le multifenêtrage” (menu “Vue”), vous pouvez appréhender la scène depuis plusieurs vues. Vous pouvez régler le type de vue, de projection et de rendu dans chaque fenêtre. Il vous permet de voir simultanément l’impact des modifications depuis plusieurs points de vue.

Comparer et prendre des décisions grâce à l’enregistrement de vues

Si vous ne devez lire qu’un paragraphe aujourd’hui c’est celui-ci.

Enregistrer des vues est une technique peu utilisée, et pourtant très utile pour gagner du temps dans des cas de figure différents. Dans notre cas, pour contrôler l’effet que les différents escaliers ont dans notre projet, nous allons simuler ce que voit un personnage situé dans un point lointain à l’intérieur du sol creusé. 

Nous allons utiliser 2 commandes du menu “Vue” :

Définir vue 3D

Définition de la vue de l’observateur : l’aide a toujours été un peu légère sur ce sujet. Voici quelques informations complémentaires. Vous cliquez deux fois. Le premier point représente la hauteur des yeux de l’observateur, le deuxième définit l’inclinaison de son regard. Si vous voulez que le regard soit horizontal, il faut donner la même hauteur que celle des yeux. Si vous ciblez un objet, faites le deuxième clic à son emplacement et donnez la hauteur de l’objet.  Dans notre fichier, l’élévation du sol creusé est de -5m. L’observateur mesure 1,68 et on suppose que 8 cm séparent le haut de son crâne et ses yeux. La hauteur du premier point sera de (-5 m + 1,6 m = -2,4 m). Le deuxième point est situé au milieu de l’escalier à -2,5 m de hauteur.

Enregistrer la vue

“Enregistrer la vue” permet de travailler et de revenir toujours aux points de contrôle. Dans notre exemple, un escalier différent est placé dans un calque différent. Une vue enregistrée permet de toujours revenir aux réglages de l’observateur.

Vectorworks et moi : ce que l’on appelle 3D est une illusion

Pensez-y : à l’écran (surface plane), vous ne voyez qu’une image en 2D, en revanche votre cerveau sait que vous pouvez “bouger” autour de ce volume, parce qu’il a déjà vécu l’expérience de la manipulation des maquettes 3D. Il peut donc anticiper le mouvement. Cet effet cognitif est ce qui donne l’illusion 3D. Notre cerveau ne perçoit pas l’image à l’écran comme ce qu’elle est (une image plane), mais comme ce qu’elle est potentiellement (une suite d’images planes qui bougent de façon graduelle, et vous donne l’illusion d’un volume autour duquel l’on peut tourner). Lorsque vous regardez une belle perspective dessinée sur papier, vous ne vous ne vous attendez pas à pouvoir tourner autour. 

Autrement dit, lorsque vous naviguez autour de votre maquette numérique, votre ordinateur doit calculer l’image qui correspond à chaque position, et ceci d’une façon continue, pour que ce soit perçu comme un mouvement fluide, et non une suite saccadée. Il faut un minimum de mémoire et de puissance dans votre ordinateur, et en particulier dans la carte graphique, pour que ces calculs ne bloquent pas votre travail. 

Maria